Journée internationale des archives

Le 9 juin 2021

 

Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des archives ! L’archiviste de 2IF a pu accueillir une stagiaire : Marine DUPUY en Licence 3 Histoire à Lyon 3 en vue de son entrée en Master 1 Archives. Cette dernière a pu découvrir le métier d’archiviste et à l’occasion de cette journée particulière, elle vous propose un retour d’expérience pour entrer dans le monde des archives en notre compagnie.

PAROLES DE STAGIAIRE

Quand je dis que je veux être archiviste, on me dit souvent :

« Tu n’as pas peur de t’ennuyer ? »

En réalité, trop de personnes ignorent ce qu’est réellement le métier d’archiviste. Grâce à mon stage, j’ai pu l’observer de plus près, je souhaite donc enfin rétablir la vérité.

              L’archiviste à 4 grandes missions qu’on appelle les 4C : collecter, classer, conserver et communiquer.

Collecter parce qu’il reçoit plusieurs versements d’un producteur. Ici, le producteur principal est l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Le côté magique, c’est qu’on ne sait jamais ce que l’on va pouvoir trouver dans un fonds. Non, non pas de faute d’orthographe ici : en archivistique, le mot fonds s’écrit toujours avec un « s ».

Une fois les fonds récupérés, il faut les classer. Bien que ce grand mot puisse faire peur, en réalité, c’est un exercice intéressant. Le but du jeu est d’organiser en respectant le fonds, de sorte qu’on ne s’y perde pas. Ainsi, il est indispensable de respecter des règles connues de tous les professionnels pour que tout le monde puisse s’y retrouver.             
L’équilibre repose aussi sur le fait que le lecteur s’y retrouve. On peut illustrer cet exercice complexe en le comparant à la façon dont nous rangeons nos chambres, si vous savez très bien retrouver vos affaires dans votre organisation, ce ne sera sans doute pas le cas d’autres personnes.

Bien entendu, le but est de pouvoir conserver ces archives dans de bonnes conditions, selon des normes précises qui concernent la température, l’humidité dans l’air, les matériaux de composition des outils, etc.

Si l’archiviste se donne autant de mal, ce n’est pas parce qu’il aime se compliquer la vie, mais c’est pour remplir sa dernière mission : la communication. Eh oui ! On garde tous ces « papiers » pour qu’ils puissent être communiqués à tous, et les demandes sont nombreuses !         
La communication est un aspect du métier que j’ai beaucoup apprécié, c’est comme un jeu où il faut chercher ce que demande le lecteur. Si on ressent une grande satisfaction lorsque l’on trouve le document recherché, on peut aussi ressentir une grande frustration quand le document est introuvable ou si, comme dans des cas exceptionnels, il n’est pas communicable, car le délai prévu par la loi n’est pas encore dépassé. Pour se repérer, les archivistes entreposent leurs archives dans des magasins selon un cadre de classement en épi (un corps de rayonnage), avec des travées (un ensemble de tablettes) et des tablettes (des étagères).

Rassurez-vous, aujourd’hui la plupart des archivistes disposent de logiciels qui, en plus d’être une aide précieuse pour remplir leurs missions de collecte et de classement, permettent aussi de rentrer le récolement des magasins d’archives et d’aider les archivistes à trouver plus rapidement leurs documents.

Petit mot de l’archiviste : vous pourrez retrouver une présentation de l’avancée du récolement par l’archiviste de 2IF dans les actualités de l’Institut.     

Enfin, à la notion de communication, s’ajoute aussi celle de valorisation, tout aussi importante. De nos jours, lorsque les moyens le permettent, elle peut prendre des aspects divers et modernes. Ainsi, aux expositions, viennent s’ajouter des sites internet ou encore les réseaux sociaux. Alors surveillez vos téléphones, les archives sont plus « jeunes » qu’on le croit !

              Vous l’aurez compris, loin d’être morose, le métier d’archiviste est une profession passionnante. Patience, organisation, adaptation et rigueur sont les maîtres-mots. Lors de mon stage, j’ai apprécié l’initiation aux différentes pratiques et j’ai hâte de renouveler l’expérience. Découvrir les Archives de la Francophonie, considérées comme privées, était très intéressant. Les responsabilités qui pèsent sur l’archiviste qui s’en occupe (surtout lorsqu’il se retrouve seul face à ce défi) ont été une grande surprise pour moi.

              Enfin, je souhaiterais remercier Anaïs Boisseau pour la chance qu’elle m’a donnée de partager pendant un temps son quotidien à travers ce merveilleux stage, pour son accueil chaleureux et sa générosité ; ainsi que l’Institut International pour la Francophonie (2IF) de l’Université Jean Moulin Lyon III.